Claude BAR
et
l'épopée du chalet de Foges
à 20 ans |
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Claude BAR, originaire du Havre, situé dans la zone interdite, en 1941, à peine âgé de 19 ans, décide de rejoindre le maquis. Alors commença un long périple à travers la France, armé de faux papiers fabriqués par lui-même à l'aide d'une pièce de 5 francs faisant office de tampon, passant de la zone interdite à la zone occupée, de la zone occupée à la zone dite libre, pour finalement arriver en Haute-Savoie. On lui avait indiqué un point de chute au sommet des Voirons chez une femme qui aurait été apparentée au général De Gaulle.
A l'arrivé de ce groupe de jeunes qui s'était formé pendant le trajet, la femme censée les accueillir le fit, mais avec surprise. Elle n'était pas au courant de ces affaires et encore moins de son soi-disant rôle à jouer dans la Résistance. Néanmoins elle les hébergea, les nourrit, les plaça dans des familles puis pris contact avec les FTP (Francs-Tireurs et Partisans).
Ils formèrent alors un groupe de douze, assez bien armé (fusils-mitrailleurs, fusils, mitraillettes Sten, qui étaient aussi dangereuses pour leurs utilisateurs que pour leurs ennemis). Devant se déplacer aussi souvent que possible et rester au même endroit le moins longtemps possible, ils firent quelques actes de sabotages, dans le but d'installer un climat d'insécurité chez les Allemands.
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Gilbert PACHOUD, Fernand MONTANT et Claude BAR lors
d'une interview au Lycée Hôtelier (12 mars 2003)
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Claude BAR et Pierre RICHARD
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Ils suivirent les consignes mieux que possible, mais le 22 février,
ils furent obligés de s'attarder un jour de plus que prévu durant l'une de leurs
étapes, à cause d'un souffrant. C'était au chalet de Foges situé au-dessus de
Pérrignier, à une quinzaine de kilomètres de Thonon-Les-Bains. Ce jour de plus
leur fut fatal, dénoncés par une famille de miliciens sédentaires. Le doyen
Léon BIOLLEY aperçut alors des ombres qui rodaient à l'orée du bois. Il sut
tout de suite de quoi il s'agissait, prévint les autres qui prirent immédiatement
leur poste de combat. Rongés par l'anxiété et la peur, ils attendaient ; quatre
essayèrent de s'enfuir, ils furent tués sur le coup. Puis un combat de douze
heures commença, les peurs s'effacèrent, même face à plus de 90 miliciens.
Deux résistants furent encore tués à leur poste de combat. Alors que la partie
ouest n'était plus protégée, des miliciens s'infiltrèrent dans le bâtiment.
Bien que les grenades les repoussèrent, Ange ANGELI fut capturé alors qu'il
descendait à la cuisine faire du café. Avant de repartir, ils prirent soin de
mettre le feu aux paillasses. Un feu qui se transforma en brasier et qui piégea
peu à peu les occupants du chalet. Heureusement pour eux, les bottes de foin
pressées, qui tapissaient la grange se consumaient plutôt qu'elles ne brûlaient,
ce qui leur permit de tenir encore trois bonnes heures. Ce ne fut qu'un sursis,
la fumée trop importante et la chaleur montante les poussèrent à trouver
un échappatoire. Ils le trouvèrent dans le plancher, en creusant jusqu'à la
cave à fromage où ils restèrent encore un certain temps.


Titre d'un article paru dans le journal "Paris Soir",
journal collaborateur, ainsi que la suite de cet article.
Le Chalet de Foges avant et après le combatA leur sortie, ils croyaient se faire recevoir par une Milice hostile mais, pour leur grand bonheur, ils ne furent accueillis que par le silence des Alpes sous la neige.